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La Recherche de la Paix - père Max Bobichon, groupe « Fils d’Abraham »

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La Recherche de la Paix - père Max Bobichon, groupe « Fils d’Abraham »


Il est parfois difficile lorsqu’on ne le pratique pas de croire que le « dialogue interreligieux » peut donner des fruits, spécialement engendrer chez les acteurs une véritable « espérance de paix ». Et pourtant, au terme d’un certain nombre d’années de rencontres régulières, mensuelles, peu à peu se confirme pour nous l’intuition de Christian de Chergé : « La joie secrète de l’Esprit sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance en jouant avec les différences ».

En effet, celles et ceux qui se réunissent par-delà les mots, par-delà les doctrines professées par la religion dans laquelle ils se ressourcent, découvrent chez ceux avec qui ils cheminent humblement le même désir de Dieu, la même quête. Oui, ils ont le même goût d’un Dieu qui peut abreuver leur soif toujours renaissante. Et ce même goût de Dieu donne à chacun de parler loyalement, sans forfanterie, sans agressivité, de Celui qui nous fait vivre quotidiennement là où nous sommes situés. Alors c’est vrai, et Christian de Chergé nous montre la voie : « Quand on se met loyalement à l’écoute d’un autre peuple en prière, on découvre que les attitudes, que les mots les plus simples de l’expression spirituelle ignorent les frontières des religions ; cela va se traduire par un lien profond dans la prière avec les autres croyants. Je vois là une communion qui dépasse les frontières ».

Et « les frontières dogmatiques » ? Ni pour les Juifs, ni pour les Chrétiens, ni pour les Musulmans il n’est question de les abolir, de les amoindrir. Au contraire, chacun des participants constate que c’est à un approfondissement sérieux de sa propre foi que le dialogue vrai provoque.

Nous le savons : dire Dieu autrement n’est pas dire un autre Dieu. Ainsi le chemin fait ensemble épure dans le cœur de chacun les définitions, les approches de ce Dieu « Créateur », « attentif aux hommes », qui au soir de la vie du monde invitera chacun à juger son existence. Oui, le vrai dialogue appelle chacun à creuser sa propre démarche, ses croyances : à se laisser convertir au Dieu auquel il croit. L’autre croyant m’interrogera souvent sur tel ou tel aspect méconnu de ma foi, créera l’émulation, contribuera à révéler des attentes, me permettra de formuler ce que je n’avais pas encore su exprimer, et peut-être de sortir d’une pratique sourde à l’essentiel.

Cela parait idyllique. C’est vrai que les choses ne sont pas toujours faciles et que parfois des prises de position et des actions émanant de la hiérarchie sont difficiles à comprendre même pour ceux qui sont concernés par cette hiérarchie. Mais, entre nous, il est convenu que nous ne sommes pas « porte-parole » d’autres que nous-mêmes : chacun est face à sa conscience.

Ainsi, dans cet esprit, une après-midi de mai, notre groupe se rend dans chacun des lieux de culte des participants. Là, chaque communauté prépare une prière propre et, en silence, nous nous associons à cette louange présentée par des frères. Puis, avant de quitter chacun des lieux de prière, nous posons trois fleurs de différentes couleurs dans la même eau nourricière, coulant de trois sources dans un même puits central. Trois cierges portés par un Juif, un Chrétien, un Musulman allument une même flamme de joie et de paix, et dans le ciel de chacun des lieux de culte s’envolent trois colombes libérées par des enfants. Nous ne nous faisons pas d’illusions : c’est une toute petite action limitée que nous menons. Mais au milieu du déferlement des violences faites au nom de Dieu, nous pensons allumer un tout petit lumignon de paix. Et nous voudrions ainsi témoigner que les pyromanes sont moins importants que ceux qui préconisent que l’eau de l’amour peut jaillir du cœur des hommes de bonne volonté, de ces hommes que Dieu aime.

Max Bobichon, Prêtre du diocèse de Lyon
(Un des initiateurs du groupe « Fils d’Abraham » en 1993 )

 

 

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