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Les citronniers - film d’Eran Riklis

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Les citronniers - film d’Eran Riklis

Dans le contexte politique explosif d’Israël et des territoires occupés, un simple champ de citronniers peut devenir l’objet d’une rude bataille juridique. Un film où le romanesque permet d’appréhender la difficulté de vivre au quotidien dans les deux communautés qui s’affrontent.


Prix jury oecuménique

Israël/France/Royaume-Uni, 1h46, 2008.
Sélection officielle Panorama Berlinale 2008, prix du public.
Sortie en France le 23 avril 2008.

avec Hiam Abbass, Ali Suliman, Rona Lipaz-Michael, Doron Tavory.

Dans les territoires occupés, il n’y a pas que les oliviers. On cultive aussi des agrumes. Salma est une Palestinienne d’une cinquantaine d’années. Veuve, elle a élevé ses enfants et continue, après leur départ, de s’occuper d’un champ de citronniers presque centenaires qu’elle a hérité de son père. Ce champ est mitoyen avec un nouveau lotissement israélien. Le ministre de la Défense vient de s’y installer dans une maison cossue. Si sa femme est ravie du spectacle magnifique qu’offrent ces arbres majestueux couverts de fruits, son enthousiasme est loin d’être partagé par les services de sécurité chargés de veiller sur son mari.

Après La fiancée syrienne (prix du Jury œcuménique à Locarno en 2004), Eran Rikklis voulait encore tourner avec cette formidable actrice qu’est Hiam Abbass. Il voulait aussi parler de ces citoyens palestiniens qui s’opposent juridiquement à l’Etat d’Israël : "J’ai découvert que les Palestiniens ont la possibilité de saisir la Cour Suprême. Ce qui constitue une indication plutôt positive quant au fonctionnement du système judiciaire israélien. Ensuite, parce qu’en dépit de ce système, il règne un profond sentiment d’injustice qui résulte pour une bonne part de ces nombreuses années d’occupation."

S’ancrant volontairement dans la fiction, et autour de ce personnage central de Salma, le réalisateur nous fait partager la complexité de la vie quotidienne aujourd’hui au Moyen-Orient. Et l’escalade de l’agressivité chez tous ceux qui ont l’impression de subir une injustice. Salma n’est pas une rebelle, encore moins une fanatique. Elle ne se réclame d’aucun parti, ne demande rien de plus que ce qui lui appartient. Et justement, parce que ce champ de citronniers appartient à sa famille depuis plusieurs générations, elle ne comprend pas pourquoi elle n’est plus maître de sa terre.

Le cinéaste ne veut pas employer le mot "politique" à propos de son film : "Je ne crois pas à ce terme car je le trouve dépassé. Aujourd’hui tout est politique et quoi que vous disiez, que vous fassiez ou que vous pensiez, tout possède un impact ou une implication politiques. Les décisions que prennent les hommes politiques entraînent des conséquences immédiates sur la vie des gens, où que ce soit, en particulier quand on habite dans une "zone dangereuse" telle que le Moyen-Orient, mais aussi quand on vit à New York, à Paris ou à Berlin. Donc Les citronniers n’est pas un film politique, il y est juste question de gens qui se trouvent aux prises dans une situation apparemment inextricable. Le ministre de la Défense, son épouse, Salma, son avocat, sont piégés à la fois par leur propre situation personnelle et publique et par leur façon de penser."

Piégés, tout le monde va l’être, d’une façon ou d’une autre. A l’intérieur de leur propre communauté, heurtés dans leur intimité, tous les protagonistes vont souffrir autant que les arbres. Pourtant, politique ou pas, Les citronniers a la saveur de cette boisson servie par Salma à ses hôtes, une citronnade qu’on devine fraîche et pleine de saveur, comme si l’espérance avait enfin du goût de part et d’autre du mur.

Magali Van Reeth
Signis France

 

 

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