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Gilles Bernheim et Philippe Barbarin – Le rabbin et le cardinal

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Gilles Bernheim et Philippe Barbarin – Le rabbin et le cardinal

Ouvrage d’entretiens à paraitre le 16 janvier aux éditions Stock


Ce livre retranscrit les échanges entre le grand rabbin de la synagogue de la Victoire à Paris, vice-président de l’Amitié judéo-chrétienne, et le cardinal-archevêque de Lyon, fortement engagé dans l’œcuménisme et l’interreligieux. Il s’agit d’une conversation libre et chaleureuse entre deux personnes qui s’estiment et s’apprécient.

L’un et l’autre sont convaincus que judaïsme et catholicisme doivent s’ouvrir à la discussion, la mahloqet, c’est-à-dire à ce « lieu » où chacun découvre la part de vérité de l’autre dans l’échange et dans la rencontre. Chacun a besoin de l’autre pour s’ouvrir à un nouveau mode de questionnement de sa tradition et y chercher des ressources jusque là méconnues. Au fil de la lecture, nous réalisons qu’il y a encore si peu de temps, il y avait une ignorance forte les uns des autres. Heureusement, nous n’en sommes plus là. Peu à peu, nous découvrons deux mondes : le monde juif et le monde chrétien, avec leurs valeurs, leurs systèmes de pensée et leurs manières de vivre. Pour le premier, le référent est un écrit, la Torah, la Loi ; pour l’autre, une personne, Jésus le Christ. Nous allons aussi à la rencontre de deux « professionnels » de la religion : le rabbin et l’évêque, cardinal de surcroit. Tous deux sont des croyants, des chercheurs et des « serviteurs » de leur communauté. S’en dégagent des similitudes, des différences, des divergences. Ainsi ce dilemme de notre rapport à Dieu : exister en Lui ou face à Lui. Pour le juif, il est fondamental de respecter sa condition d’homme irréductiblement séparé de son créateur. La Torah, en « séparant » l’homme de Dieu, fait de l’homme un partenaire à part entière, responsable. Car être séparé, c’est pouvoir répondre, c’est pouvoir parler. Il y a enfin le partage de l’itinéraire propre de deux personnes dans leurs origines familiales, leur enfance et leurs engagements d’adulte. Apparaissent ainsi l’histoire singulière de deux de nos contemporains, devenus hommes publics. Pour ces derniers, le dialogue interreligieux en général, et judéo-chrétien en particulier, est une nécessité et une urgence. Il s’agit bien sûr de travailler à réduire la dramatique fracture qui sur deux millénaires a séparé juifs et chrétiens. Bernheim invite ainsi son interlocuteur à estimer qu’ « aucune religion, et la religion chrétienne en particulier, n’a épuisé toutes les possibilités de révélation, n’a résumé l’ensemble des desseins divins concernant l’humanité ».

Il s’agit aussi, dans un monde où le religieux est volontiers vu comme une menace potentielle d’intégrisme, de faire entendre une autre voix : celle de la conviction raisonnée, de l’engagement non fanatique et du service tant de Dieu que de l’homme. Il est également question du rapport que le judaïsme et le christianisme entretiennent avec Dieu qui s’est révélé à Moïse au travers d’une Loi que juifs et chrétiens n’ont cessé depuis de commenter et d’interpréter. Bien entendu, la question de Jésus et les écrits de l’apôtre Paul sont au centre de ce dialogue. Le lecteur chrétien mesurera combien est impossible pour un Juif l’accueil d’un Dieu-Sauveur mourant sur la Croix, d’autant que, pour le juif, il n’y a jamais eu de rupture entre Dieu et le genre humain, rupture qui aurait nécessité une médiation, un tiers entre l’homme et Dieu. Parler d’un accomplissement des Ecritures en Jésus va à l’encontre de la conviction juive qui parle de la Torah et des 613 mitsvot (commandements) comme d’une source de richesses illimitées, source ouverte et toujours réouverte par le commentaire infini qui se poursuit à travers les siècles. Ces entretiens nous parlent aussi de la Shoah - et d’Auschwitz, « lieu de l’inconsolable et du silence » - et de la théologie de la substitution qui a spolié les juifs de leur identité, de la laïcité et de la place des religions dans nos sociétés, de l’islam dont l’approche diffère bien naturellement selon que l’on soit juif ou chrétien et du vivre ensemble dans ce pays qu’est la France. Ils invitent à nous rejoindre, par delà nos différences et nos spécificités, dans une même pratique de vie, tout en acceptant qu’il y ait une part de mystère dans la volonté de Dieu à nous faire coexister sur cette terre dont Il est le Créateur.

Vincent Feroldi

Gilles Bernheim et Philippe Barbarin (avec la collaboration de Jean-François Mondot), Le rabbin et le cardinal, Stock, 2007, 300 p, 19,50 €.

 

 

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