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170. Une journée d’éveil et d’ouverture au judaïsme pour les paroisses : dimanche 16 septembre

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Une journée d’éveil et d’ouverture au judaïsme pour les paroisses : dimanche 16 septembre

Proposée chaque année aux chrétiens pour les aider :
- à percevoir l’importance de la révélation de ce que nous appelons l’Ancien Testament comme Parole vivante
- l’importance de la permanence de l’Alliance de Dieu avec son peuple
- à être plus attentifs à la présence juive locale au moment de Roch Hachana et Yom Kippour


POURQUOI CETTE JOURNEE ?

Voir le "billet du mois" du père Jean Dujardin

Cette année, le dimanche 16 septembre 2007 est choisi pour éveiller l’assemblée à l’enracinement de notre foi dans le judaïsme et à l’importance de tisser des liens personnels de connaissance et d’estime mutuelle. Sans ce maillage de relations dans la proximité tout le travail de "retrouvailles" entre juifs et chrétiens ne pourra porter vraiment de fruits. Cette double initiative est organisée conjointement par le Service national pour les Relations avec le Judaïsme et la Commission Chrétiens et Juifs de la Fédération Protestante de France. Initialement proposée dans l’Ile de France, elle s’étend maintenant à bon nombre de régions de France. Dans certaines paroisses, les chrétiens sont invités à signer les affiches à la fin de la célébration dominicale et celles-ci sont portées à la synagogue voisine en signe d’amitié.

Pour 2007( année juive 5768 ) voici les dates utiles :

Rosh Hashanah : (Jour de l’An) : 13 et 14 septembre 2007
Yom Kippour (Grand pardon) : 22 septembre 2007
Soukkot (Fête des Cabanes) : du 27 septembre 2007 au 4 octobre 2007
Simhat Torah (Joyeuse Fête de la Torah) : 5 octobre 2007

Vous trouverez ci dessous des propositions pour la liturgie et la prédication du dimanche 16 sept. 2007 :

. des commentaires sur Luc 15,11-32 du Père Philippe Gruson et du Rabbin Philippe Haddad,
. du Pasteur Michel Leplay sur Exode 32,7-14,
. une intention de prière,
. une note sur le sens de la fête de Kippour par le Père Jean Dujardin.

Luc 15,11-32

1. Une fois de plus, l’attitude de Jésus dérange. On lui reproche de faire bon accueil à des pécheurs comme les publicains (ailleurs, on ajoute les prostituées) ; et il mange même avec eux ! Qui fait ces reproches ? Les pharisiens et les scribes. Donc ils ont tort, pensons-nous un peu trop vite. Mais méfions-nous de nos préjugés : les pharisiens étaient des Juifs très appréciés, parce qu’ils prenaient la loi de Dieu au sérieux et la mettaient en pratique. D’ailleurs saint Luc nous montre plusieurs fois Jésus à table chez des pharisiens. Ce n’est pas eux qui ont décidé de supprimer Jésus. Rappelons-nous qu’ils n’apparaissent même pas dans les récits de la Passion ! Dans notre parabole, Jésus sait reconnaître leurs qualités : il présente l’aîné comme quelqu’un de très bien, qui peut dire à son père : "il y a tant d’années que je suis à ton service, sans avoir jamais désobéi à tes ordres." Qui peut en dire autant ? Pendant que commence la fête, lui est encore au travail : il est le fidèle, qui ne s’est jamais éloigné de son père.

D’où vient alors cette opposition entre Jésus et les pharisiens ? Une cinquantaine d’années plus tard, quand Luc et Matthieu écrivent leurs évangiles, le contexte a bien changé : Jérusalem et le Temple ont été détruits en 70, et les juifs disciples de Jésus ont été exclus des synagogues par les nouveaux responsables juifs que sont les pharisiens. Les polémiques se développent et se durcissent, si bien que les pharisiens sont présentés comme les adversaires de Jésus, qui ont refusé son évangile. Notre parabole des deux fils, elle aussi, a mis en scène cette opposition : l’aîné représenterait les pharisiens, donc les Juifs qui critiquent Jésus, tandis que le cadet représenterait les pécheurs, donc les païens convertis, qui sont la majorité des chrétiens. Mais Luc a bien compris que même chez nous, les chrétiens, on retrouve les travers que les pharisiens dénonçaient eux-mêmes ; ce que nous appelons le « pharisaïsme ».

Chacun de nous est à la fois l’aîné et le cadet. Tantôt je suis le fidèle, celui qui vient à l’eucharistie, qui cherche à faire la volonté du Père, qui essaie d’être en règle. Mais tantôt ma fidélité a des éclipses, des ratés, je fais des escapades, pour n’en faire qu’à ma tête. Si je comprends si bien l’aîné, c’est parce que je lui ressemble : je suis persuadé que tous mes efforts pour être fidèle me donnent des mérites. Je pense avoir le droit de juger ceux qui ont des torts. Devant leurs fautes, devant le contre-témoignage d’autres chrétiens, je suis plus vite porté à juger et condamner qu’à souffrir et à ressentir notre misère commune dans le péché. Comme si accuser le pécheur prouvait mon innocence et ma supériorité. Toujours ce besoin en nous de dominer… Spontanément, nous nous comportons en aînés, pour juger, exclure et condamner.

Mais Jésus n’est pas du tout dans cette logique de domination. Il est comme le père, qui a souffert du départ de son fils, de sa longue absence, de sa vie de galère ; c’était comme une mort. Alors maintenant, c’est un retour à la vie, une vraie résurrection ! Voilà la bonne nouvelle de Jésus : il n’est pas venu pour nous juger, mais pour nous sauver. Comme Moïse lors de l’affaire du veau d’or, Jésus refuse de se désolidariser des pécheurs : il se met de leur côté, il est avec eux. N’a-t-il pas commencé sa vie publique en se mêlant à eux, au bord du Jourdain, pour recevoir le baptême de Jean ? Lui n’a pas besoin du pardon, mais il se rend solidaire de ses frères, les pécheurs. Il est l’agneau de Dieu qui prend sur lui le péché du monde, pour l’enlever, pour nous libérer du mal. C’est lui qui nous fait découvrir jusqu’où va l’amour du Père pour ses deux fils, l’aîné et le cadet, le juif et le chrétien.

Philippe Gruson, prêtre catholique

2. Un père, deux fils. Un père et deux frères. Un père et deux chemins. Le cadet veut connaître le monde, il veut faire l’expérience d’un ailleurs. Il réclame sa part au père. Dans toute la parabole, le père ne fait que donner. Il obtempère à la demande du cadet. L’autre fils, l’aîné, reste à la maison, il travaille avec le père. Loin du père, le cadet perd ses repères. Il chute. Il se consume dans les plaisirs immédiats. Il se retrouve dans la fange à convoiter la nourriture des porcs. Pendant ce temps, l’aîné travaille avec le père, en fidélité. Il reçoit l’amour du père. Le cadet languit la maison. Il fait retour, retour sur lui, retour sur le chemin. À proximité de la maison, le père court vers le fils, le fils court vers le père. Joie des retrouvailles, exubérance du moment. De nouveaux habits recouvrent le corps du jeune homme, comme Adam et Ève qui furent habillés par Dieu. Réjouissance, musique. L’aîné vient de poser la bêche en entendant les tambourins et les flûtes. Il n’a jamais vu son père danser. Son cœur est déchiré, il se croit mal aimé. Le père qui vient de consoler le cadet, console maintenant l’aîné : « Ce qui est à moi est à toi. » Il tend ses bras et accueille ses deux fils contre sa poitrine. Au nom du père, du fils et du frère ! Ceux qui lisent la parabole comme une opposition entre deux enfants posent une limite à l’amour du père, qui ne connaît pas de limite à l’amour. Que Son nom soit béni à jamais !

Philippe HADDAD, Rabbin aux Ulis (91)

Exode 32,7-14

C’est tellement difficile de croire en Dieu sans le voir encore, et de croire encore quand ses représentants eux-mêmes sont absents ou ont disparu pour un temps ! Alors la foi enfin nue fait appel à la religion. C’est-à-dire à la représentation matérielle de l’invisible. Tous les sacrifices sont consentis. Les bijoux de la beauté des femmes, les décorations de la fierté des hommes, tout est bon pour "la forgerie des idoles" (Calvin) avec lesquelles on se rassure. On passe de la confiance qui espère à la sécurité et à ses repères. Idole en forme de veau et en or, mais aussi en acier et en armes, idoles subtiles en papier infaillible pour les uns, statufiées pour la vénération des autres. Car les Chrétiens de toute tradition, comme le premier Peuple, ne peuvent supporter une foi sans support, une présence sans représentant. Ni croire sans voir. Et la foi héroïque, de désert en désert, qui vivait sur la parole d’espoir, s’affaisse en religion de murmures et de superstition. Faut-il alors recommencer sans cesse à éduquer ce peuple de Dieu "à la nuque raide" ? L’Alliance serait-elle brisée que Dieu lui-même renouvelle sans cesse ? Car ils se sont suivis dans l’histoire cahoteuse d’une élection infaillible, Abraham, et Moïse, et David et tous les autres, pour nous "rappeler à l’ordre" de marcher sur Parole, et non par la vue. Et le Christ chrétien renouvelle, pour l’universel, l’Alliance unique que le troupeau religieux des veaux d’or de tous les siècles ne saurait abolir. À la perversion permanente de son peuple, Dieu répond par la conversion confiante de son cœur. Car son pardon est une vraie nouvelle création, et les vieilles vaches avec leurs veaux n’ont plus qu’à aller paître ailleurs.

Michel LEPLAY, pasteur de l’Eglise réformée

Pour la prière universelle :

En ce jour de Roch ha-chanah, Nouvel An juif, et de Yom Kippour, Jour du Grand Pardon, l’Église ne peut oublier qu’elle a reçu la Révélation du Premier Testament par ce peuple... Prions pour que la connaissance de nos racines nous fasse mieux travailler et comprendre les textes de l’Ancien Testament, mais nous amène aussi à mieux connaître et estimer le patrimoine spirituel vécu aujourd’hui dans les communautés juives. Prions le Seigneur.

Proposition pour les feuilles paroissiales :

Depuis près de 15 ans, la délégation de l’Île de France pour les Relations avec le Judaïsme, en lien avec le Service au niveau national, organise un dimanche annuel dit "d’éveil au Judaïsme". Pour 2007, ce sera le dimanche16 septembre. Il se situe entre les fêtes du Nouvel An Juif (Roch ha-chanah 13-14 sept.) et du Grand Pardon (Yom Kippour, 22 sept.), la Fête des Tentes (Soukkot) se déroulant du 27 sept. au 4 octobre. Des affiches, des cartes de vœux (la carte peut être un bon support de ce mot amical à des voisins, des connaissances, des relations de travail, des proches) peuvent être commandés à Pierre Hoffmann, 20 rue de la Maison Verte 78100 St Germain en Laye. p.hoffmann@wanadoo.fr

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Note sur le sens de la fête de Kippour par le Père Jean Dujardin

 

 

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