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Hannah Arendt

A travers un épisode très polémique de la carrière d’une philosophe, un film qui permet d’entrer dans le processus de la pensée intellectuelle, avec émotion et clarté.


Film de Margarethe Von Trotta Allemagne/France, 2012, 1h53 Prix du jury et prix du public au Festival du film d’histoire de Pessac.

avec Barbara Sukowa, Axel Milberg, Janet McTeer

Lyon, 24 avril 2013 (Magali Van Reeth) – A travers un épisode très polémique de la carrière d’une philosophe, un film qui permet d’entrer dans le processus de la pensée intellectuelle, avec émotion et clarté.

L’Honneur perdu de Katharina Blum (1975), Rosa Luxemburg (1986), Rosenstrasse (2003), Vision (2009) : la réalisatrice allemande, Margarethe Von Trotta a réalisé plusieurs films où des individus sont confrontés à des événements extérieurs qui modifient profondément leur destin et leur quotidien. Histoire ou mouvements sociaux, ces personnages, souvent des femmes, doivent trouver le courage de rester fidèles à leurs convictions dans un environnement tourmenté. Lutte politique ou morale, cette mise en danger pose la question de la résistance face à la pensée dominante et de la construction de soi dans la dignité.

Dans la continuité de ce travail, il semblait donc évident que la réalisatrice choisisse Hannah Arendt comme sujet de film. Cette philosophe d’origine allemande et juive, élève d’Heidegger a quitté l’Allemagne nazi dès 1933. Auteur de plusieurs ouvrages philosophiques autour de la question du Mal, elle a été au centre de violentes polémiques. Difficile, dans un film qui se veut accessible au grand public, de parler du travail d’une philosophe, du cheminement d’une pensée. La réalisatrice a concentré son film sur 4 années, allant du procès Eichmann en Israël (1961) à la publication, dans le magazine américain The New Yorker (1963), de son ouvrage Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal.

Pour Margarethe Von Trotta, ce n’est pas tant le cinéma qui est au cœur du film mais une personnalité ayant réellement existée, à qui il faut donner suffisamment de corps pour que les spectateurs aient envie de la connaître mieux. Le film s’ouvre donc sur une discussion entre deux amies, qui parlent de leur vie conjugale et sentimentale. Dès le premier instant, on saisit la grande liberté de cette femme mais aussi son amour de la vie, son égal plaisir à recevoir les fleurs de ses amies et les compliments de ses nombreux soupirants. Dans la brouhaha de la vie, les questions de ses étudiants et les discutions animés autour d’un repas partagé, soulèvent les questions intellectuelles.

L’utilisation d’images d’archives pour le procès Eichmann évite toute reconstitution hasardeuse et la tension monte dans la seconde partie du film lorsque les amis et collègues d’Hannah Arendt prennent position sur son travail. Sa détresse nous est palpable et on est alors prêt à écouter son discours expliquant sa position, 8 minutes formidables et très émouvantes !

C’est l’actrice allemande Barbara Sukowa qui donne au personnage d’Arendt toute sa force. Passionnée, aimante, cynique, effondrée et violemment indépendante, l’actrice l’incarne avec conviction et talent. La qualité du film, c’est aussi les images de Caroline Champetier dont le travail est, encore une fois, remarquable, donnant au film l’atmosphère des années 1960, tout en l’amenant vers la modernité du destin exceptionnel de ce personnage.

Au Festival du film d’histoire de Pessac (France), Hannah Arendt a remporté le prix du jury et le prix du public.

Magali Van Reeth

Signis

http://www.cinema-histoire-pessac.com/

 

 

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