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Syngué sabour, pierre de patience

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Syngué sabour, pierre de patience

Film d’Atiq Rahimi France/Allemagne/Afghanistan, 2012, 1h42 Sortie en France le 20 février 2013.


avec Golshifteh Farahani, Hassina Burgan, Massi Mrowat, Hamidreza Javdan.

Coincée dans une pièce délabrée et dans un pays en guerre, une femme veillant son mari trouve enfin la parole qui libère. Un film aussi beau que nécessaire.

Dans un pays en guerre, une femme veille son mari blessé et inconscient. Alors que les tirs démolissent encore son environnement déjà délabré, la jeune femme, seule pour affronter la peur et l’incompréhension, se met à parler à cet homme beaucoup plus vieux qu’elle, inanimé et enfin muet. Profondément imprégnée par la culture et la religion musulmanes, la femme est démunie face à cette situation imprévue qu’aucune sourate du Coran ne permet de gérer. Peu à peu, cette parole que plus aucun interdit, plus aucune opposition, n’entrave, va explorer des chemins de liberté.

Le second film du réalisateur franco-afghan Atiq Rahimi est tiré de son propre roman, prix Goncourt en 2008. Avec l’aide du scénariste Jean-Claude Carrière, il a travaillé le texte littéraire pour le transposer en images et ouvrir ce huis clos poétique sur un combat poignant aux couleurs somptueuses. Refusant de se plier aux limites imposées par la culture de son pays d’origine, le réalisateur n’hésite pas à utiliser des images et des thèmes provoquant mais nécessaires pour bousculer les mentalités.

L’actrice iranienne Atiq Rahimi utilise avec talent les techniques du cinéma pour incarner ce personnage créé pour un roman. Une très belle lumière, autant dans les parties les plus lumineuses que dans celles plus étouffées renforce l’intensité émotionnelle. La gamme chromatique des décors et des costumes, choisie avec soin, participe elle aussi à la transformation du personnage. Les voiles de tissu, de plastique, comme les fins grillages métalliques, les portes entrebâillées et les parois de verre sont les barrières qui emprisonnent les femmes dans la contrainte, l’humiliation et la négation de soi. Pour les ébranler, le réalisateur n’hésite pas à montrer la nudité des corps, non pas comme une provocation mais comme une célébration de notre véritable humanité.

Des événements fortuits donnent à cette femme apeurée la parole dont elle avait toujours était privée. Avec les mots, elle surmonte les appréhensions culturelles et religieuses les plus ancrées dans son intimité. Alors elle peut entrer en dialogue avec elle-même mais aussi avec les deux hommes qu’elle va côtoyer. Deux hommes symboliquement privés de parole, l’un inconscient, l’autre bègue. Parole libératrice, véritable révélation qu’Atiq Rahimi offre comme un poème visuel à tous les spectateurs. L’actrice iranienne Golshifteh Farahani, victime elle-même de ces situations complexes et dégradantes, transcende le personnage et illumine le film de bout en bout. Un huis clos touchant et nécessaire.

Magali Van Reth. Signis

 

 

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